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Mingus, Cuernavaca

Mingus, Cuernavaca


Éditions Rouge Profond, 2003

« Birdland », collection dirigée par Christian Tarting
ISBN 2-915083-01-0
48 p
"Mingus, Cuernavaca", dont on trouvera ici la version intégrale, a été écrit en1990-91 dans la pers-pective d'être dit sur scène par l'auteur, associé à la musique du saxophoniste Jean-Marc Padovani, qu'interprête une formation d'une dizaine de musiciens de jazz — aussi pourrait-on à quelque raison appliquer à ce texte le qualificatif de "jazz poem", qu'employa pour sa part dès 1956 le compositeur de "Pithecantropus Erectus".


Voie Humboldt, à Cuernavaca (Mexique), la "Casa Verde" où le contrebassiste et compositeur américain Charles Mingus vécut ses derniers jours, est une grande et belle maison entourée d'un vaste jardin où croissent à foison, profitant du micro-climat paradisiaque qui règne ici toute l'année, bougainvillées, eucalyptus, magnolias, zinnias et autres essences tropicales. La terrasse du premier étage, sur laquelle donne la chambre qu'occupait le musicien, jouit d'une très belle vue sur l'un des lointains volcans qui bornent l'horizon. La même maison accueillit Dexter Gordon plusieurs hivers consécutifs. Il s'en porta acquéreur et y vécut ses dernières heures — de même que Gil Evans...


Au cours de l'été 1978, après avoir été reçu par Jimmy Carter à la Maison Blanche, Mingus, se sachant condamné à brève échéance par la maladie qui le clouait sur une chaise roulante, vint à Mexico. Selon son épouse, l'actrice Susam Graham, il suivit en cela le conseil de Gerry Mulligan, dont un ami venait de revenir du Mexique où il avait été soigné pour ce qu'il croyait être la même maladie. Selon d'autres sources, mexicaines en particulier, Mingus vint en fait à Mexico pour consulter une sorcière de grand renom, "Ponchita", afin qu'elle le délivrât du maléfice dont il se croyait — ou disait se croire — la victime.


Nombreux étaient alors les artistes américains à posséder une résidence d'hiver à Cuernavaca. Les Mingus y louèrent d'abord un bungalow modeste. Puis ils trouvèrent la "Casa Verde", et Charles y attendit la mort.


Elle survint après quelques mois, le 5 janvier 1979.


Quatre jours plus tard, ainsi que Jean-Marc Padovani et moi-même avons pu le vérifier sur place, le journal mexicain "El Excelsior" annonçait en première page, photo à l'appui, le surprenant suicide collectif de cinquante-six cachalots, venus s'échouer sur les côtes mexicaines, en Basse Californie. Le même journal annonçait en page neuf la mort de Charles Mingus à l'âge... de cinquante-six ans. Les cadavres des cétacés furent brûlés, alors même qu'on incinérait Mingus. Les cendres du musicien furent ensuite dispersées par sa veuve à la source du Gange, conformément à ses dernières volontés.


Voilà pour les faits. Pour autant que je sache, tout le reste est fiction.


E.C.
(4è page de couverture)

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